À un mois de l'expiration naturelle du mandat du président Mamadou Tandja, le 22 décembre, des milliers de manifestants ont défilé dimanche à Niamey pour revendiquer sa démission et l'abrogation de la nouvelle Constitution qu'il a fortement contribué à promulguer. La protestation a été organisée par la Coordination des forces démocratiques pour la République (Cfdr, qui rassemble les partis de l'opposition, les syndicats et les organisations de défense des droits de l'homme) pour manifester contre le "coup d'État" de facto de M Tandja, réalisé par le biais du controversé référendum constitutionnel du 4 août dernier - qui prolonge notamment son mandat jusqu'en 2012 - et les successives élections législatives d'octobre, boycottées par l'opposition et non reconnues par la communauté internationale. Les Nigériens ont également défilé dans la capitale pour réclamer la mise en place d'un véritable dialogue et le rétablissement de la légalité constitutionnelle, alors que les colloques entrepris sous la médiation de l'ex-président du Nigeria, Abdul Salami Abubakar, semblent paralysés. Après avoir rencontré la semaine dernière les délégations du président et de l'opposition, M Abubakar s'est rendu à Niamey le week-end dernier pour définir avec les parties le calendrier de leurs prochaines rencontres, bien qu'il ait quitté la capitale les mains vides. Si M Tandja prône d'un côté le choix de Niamey comme siège des pourparlers, l'opposition préfère quant à elle que les rencontres aient lieu à Abuja pour raisons de sécurité, de nombreux opposants en exil refusant de revenir au Niger. M Tandja doit également tenir compte de l'ultimatum lancé par l'Union européenne (UE), qui réclame des marques crédibles de bonne volonté de la part du président nigérien pour sortir de la crise politique avant le 6 décembre ; dans le cas contraire, la coopération entre Bruxelles et Niamey pourrait être tout à fait suspendue. (VV/CN) [CO]