Pour la première fois depuis la mise en place de la médiation entreprise par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), les délégations de la junte militaire et des Forces Vives (opposition) de Guinée prendront place à la même table de négociations à Ouagadougou sous l'égide du président burkinabè et médiateur Blaise Compaoré, qui devra présenter à l'issue des colloques un plan pour sortir de la crise. La presse africaine souligne quant à elle le rôle crucial du chef de la junte, le capitaine Dadis Moussa Camara, dans les entretiens : si les autorités militaires guinéennes refusent d'envisager la requête de l'exil du capitaine, les partis de l'opposition et mouvements de la société civile exigent de leur côté la démission du chef de la junte et la tenue de nouvelles élections dans les six mois. M Compaoré envisage par ailleurs l'hypothèse de détacher en Guinée une mission de la Cedeao pour rapprocher les parties au processus de négociations. Pendant ce temps, maintes déclarations confirment ces dernières heures la présence dans le pays d'éléments armés étrangers - définis de "mercenaires" par certains - venus soutenir la junte et chargés de former la garde rapprochée du capitaine Camara. Des versions contradictoires circulent néanmoins sur la nationalité desdits combattants, installés dans la base de Forécariah, à 100 kilomètres au sud de Conakry, à la frontière de la Sierra Leone. La présence de 30 à 40 mercenaires sud-africains, ex-officiers de police recrutés par une société privée sise à Dubaï, a été confirmée à Pretoria par le directeur général sud-africain des Relations internationales, Ayanda Ntsaluba. La presse guinéenne indique quant à elle que des Israéliens, des Ukrainiens, des Libériens et des Sierra-Léonais figureraient parmi les instructeurs militaires étrangers. Un comité international formé par les Nations Unies a commencé depuis plusieurs jours son enquête sur la répression militaire opérée le 28 septembre dernier contre une manifestation de l'opposition et soldée par la mort de 150 civils minimum, dans l'attente de l'arrivée à Conakry de ses trois responsables le 25 novembre prochain. Le secrétaire général Ban Ki-moon a réitéré mercredi la nécessité de mener une enquête indépendante sur les faits. (VV/CN) [CO]