Jusqu'à 100 morts et pas moins de 25.000 personnes déplacées : tel est, selon les Nations Unies, le nouveau bilan des victimes des violences et des heurts survenus fin octobre à Dongo (dans la province septentrionale de l'Équateur). Contacté par la MISNA, Maurizio Giuliano, porte-parole à Kinshasa du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) des Nations Unies, précise qu'il ne s'agit que de chiffres provisoires, au vu des nombreuses difficultés rencontrées dans l'élaboration des bilans dérivés des récentes violences. Si le gouvernement fait état de 37 victimes, l'Onu indique que des dizaines de civils ont perdu la vie en tentant de traverser la rivière Oubangi pour se réfugier sur le territoire voisin de la République du Congo. En attendant, la situation reste précaire d'un point de vue humanitaire. "La présence de corps dans les rues de Dongo et dans les habitations abandonnées par la population expose la région au risque d'épidémies. Il faut les enterrer sans délai et assainir la ville pour permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles", poursuit M Giuliano. À trois semaines des heurts, Dongo n'est plus qu'une ville fantôme : nombre de ses magasins restent fermés et les décombres des maisons incendiées jonchent les rues, tandis que les forces de police congolaises déployées dans la zone pour y rétablir l'ordre représentent la seule présence humaine. De l'autre côté de la rivière, la situation de 25.000 réfugiés - constitués de femmes et d'enfants à hauteur de 70% - est également précaire tant au niveau de leur installation de fortune que de l'assistance sanitaire insuffisante qu'ils reçoivent. "Nous devons immédiatement intervenir pour éviter de nouvelles victimes chez les enfants (quatre sont décédés mercredi, Ndlr) qui sont les plus exposés aux maladies respiratoires et à la sous-alimentation", précisent à la MISNA des sources contactées au bureau du Haut Commissariat aux Réfugiés (Hcr) de l'Onu à Kinshasa, tout en assurant que des médicaments, des aides alimentaires et des biens de première nécessité ont déjà été envoyés par avion à Impfondo. D'autres missions de vérification sont toujours en cours pour déterminer le nombre précis de déplacés de Dongo restés en territoire national ; la présence de plus de 15.000 personnes a par ailleurs été signalée dans les zones de Kungu et Libengé (province de l'Équateur) par la mission de l'Onu locale (Monuc). (VV/CN) [CO]