La violence à l'encontre des femmes et des jeunes filles se répand de manière gigantesque sur tous les continents. Au moins une femme sur trois dans le monde a été battue, forcée d'avoir des rapports sexuels, ou a subi des sévices d'un partenaire intime au cours de sa vie. La Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, commémorée le 25 novembre offre une occasion unique de rappeler aux gouvernements et aux opinions du monde entier que ces énormes injustices persistent.
Malgré les progrès accomplis pour combler les inégalités entre les sexes, les femmes représentent 60% des segments les plus démunis de la population mondiale, ne comptent que moins de 16% des parlementaires du monde, représentent les deux tiers des analphabètes de la planète. De plus, que ce soit en temps de guerre et dans l'intimité de leurs foyers, elles sont systématiquement victimes des violences.
La violence à l'encontre des femmes remonte historiquement à l'inégalité des rapports de pouvoir hommes-femmes et la persistance de la discrimination à l'égard de celles-ci. Qu'elle se manifeste sous forme de violence domestique, de traite des femmes et de mutilation génitale féminine, la violence sexiste est une réalité cruelle du 21e siècle.
Cette situation a incité le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon à renouveler son appel pour faire cesser la violence à l'encontre des femmes. Lancée en 2008, la campagne pluriannuelle Tous unis pour mettre fin à la violence à l'encontre des femmes vise à prévenir et éliminer la violence contre les femmes et les jeunes filles dans toutes les régions du monde.
"La violence à l'égard des femmes et des jeunes filles est une réalité épouvantable, commune à toutes les cultures, tous les pays et tous les continents, provoquant des troubles, des traumatismes et du désespoir", a déclaré pour sa part l'Administrateur du Programme des Nation Unies pour le développement (PNUD) Helen Clark. "Ignorer ce fléau permet de perpétuer la culture de l'impunité et affaiblit les perspectives de développement humain. Notre planète n'atteindra pas les objectifs de développement si nous ne réussissons pas à accorder les mêmes chances aux femmes et aux hommes et à garantir leur sécurité".
Violence et conflit
Dans les pays en conflit et post-conflit, la violence contre les femmes s'aggrave, ce qui multiplie les risques auxquels sont exposées les femmes et les jeunes filles.
Pour faire face à ce problème, le PNUD a mis au point une Un programme de huit points en faveur de l'autonomisation des femmes et l'égalité des sexes dans en situation de prévention de crise et de relèvement. Ces points sont les suivants :
1. Mettre fin à la violence à l'encontre des femmes,
2. Garantir la justice et la sécurité aux femmes,
3. Faire avancer les femmes dans des positions de décision,
4. Engager les femmes dans les processus de paix,
5. Aider les femmes et les hommes à reconstruire en mieux,
6. Promouvoir les femmes comme animatrices du relèvement,
7. Inscrire les questions liées aux femmes dans les programmes nationaux et
8. Œuvrer ensemble à la transformation de la société.
À la suite du lancement de ce programme 2008, le PNUD s'est engagé dans la lutte contre la violence sexospécifique en République centrafricaine, au Tchad, en République démocratique du Congo, en Egypte, en Haïti, en Honduras, au Kenya, au Libéria, au Népal, en Somalie et au Soudan.
Égalité entre les sexes et autonomisation des femmes
L'engagement politique est indispensable pour lutter contre la violence à l'encontre des femmes. A cette fin, le PNUD travaille avec les autorités gouvernementales pour créer, renforcer et faire appliquer une législation protectrice des droits des femmes. Nous travaillons également en partenariat avec les organisations de la société civile pour mieux sensibiliser les opinions à ces problèmes et pour établir des mécanismes efficaces de communication des cas de mauvais traitement.
En Albanie, Argentine, Paraguay et au Vénézuela, le PNUD et ses partenaires travaillent avec les gouvernements respectifs sur des campagnes de sensibilisation visant à prévenir et à rapporter les cas de mauvais traitements.
Le PNUD s'est associé au Gouvernement égyptien, en ciblant les médias et les cadres des professions juridique et médicale, à la promotion d'une loi interdisant la mutilation génitale féminine. La loi a été adoptée en 2008 par le Parlement égyptien, et nous travaillons depuis avec le gouvernement pour la faire appliquer. L'une des campagnes en faveur de cette loi a été lancée dans 120 villages, permettant aux habitants de mieux comprendre la question et offrant une formation à ceux qui dénoncent publiquement cette pratique.
Gouvernance démocratique
En Honduras, le PNUD travaille avec les autorités gouvernementales à la formulation, la ratification et la mise en application du Deuxième Plan pour l'égalité et la justice entre les sexes ainsi qu'à la publication d'un Manuel pour la participation politique des femmes. En outre, le PNUD a formé plus de 19 000 personnes dans 70 établissements d'enseignement du pays sur la manière de prévenir la violence dans les écoles et dans le cadre familial.
L'état de droit
Au Soudan/Darfour, le PNUD et ses partenaires ont permis à plus de 10 000 fonctionnaires, membres de la société civile et activistes de se former sur des questions liées à l'état de droit et aux droits de l'homme. Le programme a également créé un réseau de 19 Centres d'aide juridique pour permettre aux pauvres d'avoir accès à la justice. A ce jour, plus de 2000 cas ont été portés devant les tribunaux par un réseau d'avocats du Darfour.
En Somalie, des programmes consacrés à l'état de droit et qui bénéficient de l'apport du PNUD ont contribué à ce que 10% des diplômés de l'académie de police soient des femmes. Nous avons également apporté notre soutien à la fondation de la première Association de femmes juristes pour offrir une aide juridique aux victimes de viols et de violence domestique.
Au Libéria, les activités du PNUD en matière de réconciliation et de consolidation de la paix ont contribué à la création de 15 bureaux de la Commission Vérité et Réconciliation et aidé quelque 500 femmes à surmonter les difficultés pour témoigner aux audiences, leur prodiguant des conseils sur les procédures à suivre et sur l'importance de leur témoignage, et offrant également une assistance psychosociale.